Un des mythes fondateurs de la culture chrétienne dans laquelle nous
évoluons est celui du paradis perdu. Cette croyance en un monde parfait,
enfoui pour toujours et par notre faute, influence très probablement la
relation difficile que nous entretenons avec la disparition et la perte. La
psychanalyse, au début du XXe siècle, s'ouvre aussi sur cette notion de
"l'objet perdu", qu'il nous faudra néanmoins intégrer pour devenir des
"sujets". Pourtant, notre parcours terrestre est ponctué
d'évènements/passages qui nécessitent de laisser, d'abandonner quelque chose
ou quelqu'un derrière soi : un état intérieur, une perte physique, une
relation amoureuse, le décès d'une personne proche, ce qui nous conf ronte à
la mort. Ces pertes sont parfois si irrémédiables, qu'elles provoquent en
nous des sentiments profonds d'injustice. Pour passer, il nous faut trouver
et chercher loin, au dedans de nous, de mystérieuses ressources que nous
pensions inexistantes.
Mais parfois certaines pertes
sont une sorte de chance, une faille douloureuse qui permet néanmoins une
libération future. Car une faille est une ouverture; une ouverture dans de la
matière dure, qui nécessite presque de se briser pour s'entrouvrir. Ce sont
des expériences limites que nous sommes tous amenés à
faire.
Galerie ARTEM - 16 rue Sainte Catherine - Quimper
- Tél. : 02 98 53 27 29.
Du mardi au samedi de 14h à 18h. Entrée libre.
Site Internet: http://www.galerie-artem.org